Marina Libertiaux

  • "Allez au diable!" - Lettre à ma fille

    Imprimer

    http://p5.storage.canalblog.com/50/63/165187/76467978.jpg

    'Mon corps m'appartient'... petite phrase courte, répétée maintes fois, entendue dans toutes les langues, écrite, chantée, clamée, scandée. Dans la presse, dans la rue...  Et pourtant...

    Ma fille, je te regarde grandir, prendre ton envol, j'entends tes interventions, tes exclamations  de jeune femme affirmée. Durant 20 années, tu as été baignée dans un féminisme décomplexé, la tolérance du genre, On parle de corps, de sexualité, de nudité, de jouissance. Liberté de pensée, libre arbitre, égalité, complémentarité, altérité, ses quelques mots dansent depuis toujours dans notre maison. Loin du féminisme radical , tu as évolué, entourée d'une maman quelque peu libertaire, d'un papa féministe avec des amis qui le sont tout autant,  ce qui te permet aujourd'hui, d'affirmer sans rougir cette assertion  'mon corps m'appartient'. Tu te proclames féministe sans sourciller. 

    Je t'écoute, sourire aux lèvres mais le cœur pincé. 

    Ces 4 mots assemblés évoluent avec le temps,  leur signification découle de la relation entre le praxis et les processus socio-historiques objectifs dont elle fait partie. Si tu portes aisément ce micro short sur la plage cet été, c'est que d'autres se sont vues critiquer le leur quelques années plus tôt. Quand je te parle d'historicisme , tu me lâches une phrase qui me laisse pantoise. 

    'Le temps est intemporel'... silence de ma part... réflexion... oui, c'est une conception qui peut trouver sa source chez Einstein, qui bien loin de la pensée mathématique du temps par Newton, nos horloges ordinaires ne mesurent jamais des phénomènes indépendants de l'univers. En fait, elles ne mesurent pas le temps du tout. Ce temps pourrait ne pas exister au niveau le plus fondamental de la réalité physique. Les physiciens quantiques s'amusent de nous. :-)

    Alors, l'intemporalité du féminisme est certainement sa plus grande fragilité. Il persiste et signe. 'Ses combats' ne sont pas gagnés. 

    Gagnés contre qui, contre quoi? Le seront-ils un jour? Ce combat n'est il pas celui des femmes contre d'autres femmes? La religion a-t-elle le droit de s'approprier le corps féminin? Toutes ces questions, de nombreux hommes et femmes les posent depuis longtemps. Les réponses fusent, s'entrechoquent. 

    Féminisme, que dit le dico? "Le féminisme est un ensemble de mouvements et d'idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, établir et atteindre l'égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes". Définition approuvée par Wikipedia... alors... 

    Mais c'est Hubertine Auclert (1848-1914) qui lui donne le sens de défense des droits des femmes.

    Comment ne pas adhérer à cette définition. Quel être humain, équipé d'un dispositif neuronal adéquat, peut s'offusquer de cela? 

    Tu me regardes, interrogative... "et toi, tu ne l'es pas complètement?"

    Oui, je le suis. Je crois pouvoir affirmer que je suis une féministe. Pas radicalement car j'aime plaire, séduire, être une femme avec ses différences. Je tiens à ces différences. Et si ces différences me font perdre un 100m dos crawlé face à un homme, tant pis. Je n'en fais pas une maladie. Je ne me sens pas inférieure à lui. (Mina me rappelle que tout le monde me bat au dos crawlé, elle n'a pas tort...mais c'est pas le sujet). Ma grand-mère me rappelait qu'elle était chanceuse de vivre à une époque où les hommes galants lui ouvrent la portière, se découvrent la tête pour la saluer, lui portent son filet de commissions pour la soulager du poids. Moi, aussi, j'aime ses petites attentions protectrices. Et en même temps, je dispose de cette faculté qui s'appelle l'assertivité. C'est un luxe appréciable. Je peux dire non, je peux dire oui, je peux verbaliser si j'aime ou non. Cela me fait penser à un post récemment lu, un article citant Virginie Despentes et un test sur les yaourts salés.

    http://m.nouvelobs.com/societe/20170712.OBS2015/on-a-retrouve-l-etude-citee-par-despentes-sur-les-filles-les-garcons-et-les-yaourts-sales.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com#http://m.facebook.co

    Ben oui Virginie, c'est à nous, mamans, de rappeler à nos filles que si le goût ne plaît pas, on recrache. C'est simple... Pour moi, aussi, tout est dit.

    Et être un homme au  21eme siècle n'est pas plus aisé. On les éduque en leur rappelant qu'ils ne peuvent pas frapper un fille, ni la faire pleurer et dès l'âge de l'adolescence, il se voit confronter à des filles qui se permettent de frapper et de leur faire de la peine tout en réclamant l'égalité. Ils doivent être viril sans être macho, séduisant mais pas séducteur, fort mais doux, comprendre nos silences mais répondre à toutes nos questions, régler l'addition au restaurant mais on ne veut pas se laisser entretenir... Chapeau bas,les gars!  Là, je viens de perdre mes dernières copines ultraféministes. Mais j'assume... 

    Et oui, Mina, ton corps t'appartient. Oui et non. Il est tien, si tu acceptes l'idée que ton corps est dissocié de ton esprit. Il nous faut distinguer le corps (instance d'exécution) de l'esprit (instance de décision) ou de la conscience... Point de départ du dualisme. Adepte, ma fille?

    Or, peut-on affirmer que nous maîtrisons notre corps? Les pulsations cardiaques qui augmentent en présence de l'être aimé, la moiteur palmaire lors d'un entretien d'embauche, la maladie cancéreuse qui s'installe dans l'organisme... Perso, il ne m'obéit pas toujours. Les larmes me coulent quand je voudrais avoir les yeux secs, mes lèvres tremblent alors que je voudrais afficher un sourire franc et puissant. Mon esprit le perturbe, mon corps embrouille mon esprit. Là, je te sens dubitative... je te regarde à nouveau, nous savons, toi et moi, que nous avons le droit, d'enfiler ou d'ôter le haut de notre bikini. Car tout est parti de cette question fondamentale. wink

    Ton corps est à la fois cette enveloppe organique et cette image identitaire. Lequel de ces deux concepts t'appartient? Il  serait peut être plus juste de revendiquer que nous sommes notre corps. Non? Je m'explique...

    Si je suis ce corps, personne ne peut plus se l'approprier. Pas de distanciation possible. Je suis ce corps, je suis lui, il est moi. Nous formons un. Tu me rappelles que tu as une seconde session en philo! Je comprends le message. Passons... ça m'arrange aussi. 

    Et puis arrive, le sujet tant attendu... la religion qui vient s'immiscer dans notre libre volonté identitaire. Elle alimente l'actualité, port du voile, avortement, pilule abortive, libération sexuelle, seins nus opposés au burkini, mariage pour tous,...L'intolérance des islamistes arrive en tête de notre Top Ten des ignominies ... l'intolérance religieuse, rien ne change depuis Voltaire et son Traité sur la tolérance en 1763. On a changé le nom du prophète, quelques aménagements, ça et là, et le revoilà au goût du jour. Parmi les meilleures ventes en librairie en 2015. 

    On partage nos points de vue convergents, nos vidéos chocs ou les mouvements organisés à travers le monde. Tu me racontes ceci : 

    http://m.huffingtonpost.fr/2017/01/21/la-marche-des-femmes-contre-donald-trump-a-washington-en-passe_a_21659844/ 

    On en discute, on est d'accord. 

    Et moi, je te montre cette vidéo, 

    https://www.facebook.com/franceinfovideo/videos/1889089831340655/

    Le short, tu le portes déjà. Je veux bien les soutenir mais le microshort me boudine les cuisses. On rit. (Private joke sur les Gilmore Girls) 

    Tu ne me trouves pas assez catégorique sur le port du voile, tu as raison mais tu reconnais aussi, avoir une amie qui le porte par conviction et bien intégrée par ailleurs.  On réfléchit, on penche la tête, on n'a pas la solution. C'est compliqué aussi d'être une femme de gauche, européenne, agnostique. Je t'avoue douter souvent, je crains de ne pas être assez tolérante ou d'être trop laxiste. Dilemme. Je ne règlerai pas cette problématique ambivalente cet après-midi, c'est certain. 

    Migraine naissante... après un tel tour de manège. A-t-on avancé dans  notre réflexion du jour? 

    Ce remue-méninge permet une fois de plus un petit débat, de citer des grands noms, d'oser affirmer que nous avons la chance de vivre au milieu de personnes instruites et tolérantes, de te voir t'emballer sur des commentaires sexistes, d'argumenter... 

    Et pour moi, tout simplement de me conforter définitivement dans l'idée que cette trace de bikini ne sera pas esthétique au niveau du décolleté qu'il faut agir instamment. Je m'allonge moins vêtue.  Je tourne les yeux vers toi, tu portes fièrement ton deux pièces, tu me souris d'un air malicieux.

    Ok, tu m'as convaincue. Mon corps m'appartient. ;-)

     

    NB: Plus tard... après une longue période de réflexion seule sur la serviette de bain. Je pense à "L'éternel féminin", chanson de Juliette Noureddine. J'aime son texte. Tu le connais, je te bassine les oreilles depuis plusieurs années. 

    Mais je savoure ce texte, je lui trouve ce petit côté 'lazzi' du théâtre all'improviso, de la commedia dell'arte. J'imagine, une femme à la poitrine opulente (à la Fellini), étendue lascive... habillée de dentelles noires ou de cuir.

    Et si, comme le prétend l'artiste, la femme est le diable alors... je vous le souhaite, sourire aux lèvres, un peu taquine..."Allez tous au diable"!

     

    "Dans mon sous-sol crasseux où brûlent mes fourneaux, 
    Où les âmes damnées grillent de bas en haut, 
    Regardez qui est là, qui attise les flammes?
    Régnant sur les Enfers, le Diable est une femme!

    Rien d'étonnant n'est-ce pas? Des brunes jusqu'aux blondes
    Par elles sont advenus tous les malheurs du monde!
    Le Diable est une femme et vous, vous en doutiez:
    La place d'une femme n'est-elle pas au foyer?

    Sur mon lit calciné
    Lascive et si cruelle
    Comment pour m'invoquer
    Faut-il que l'on m'appelle?
    Mes diables et mes hommes
    Et Dieu même en personne
    Tout simplement me nomment:
    «Patronne»

    Depuis tant de prophètes, de savants vertueux
    L'équation est logique, c'est la preuve par deux!
    On l'a tant proclamé sur un ton formidable:
    Le Diable est une femme, les femmes c'est le Diable!

    Et qu'elles soient victimes ou qu'elles soient complices
    De leurs mâles et fils et de leurs maléfices, 
    Frappez donc les premiers, talibans ordinaires, 
    Ces démons adorés car il faut les faire taire!

    Sur mon lit calciné
    Lascive et si cruelle
    Messieurs, venez m'aider
    À ôter mes dentelles
    Dans vos brûlants émois
    Ainsi que je l'ordonne
    Allez, appelez-moi:
    «Patronne»

    Quel que soit le brigand, il y a la corruptrice
    Consciente du pouvoir qui dort entre ses cuisses
    Qui susurre les ordres et les avis funestes?
    Vous, mes sœoeurs, les salopes, les putains et les pestes!

    Derrière chaque type sans foi, ni loi ni âme
    Si vous cherchez le Diable, vous trouverez la Femme
    La gueuse, la traîtresse, la garce, la sorcière
    La fille de Borgia et la maman d'Hitler...

    Sur mon lit calciné
    Lascive et si cruelle
    Je vous attends, venez
    Mes belles demoiselles!
    Que votre dernier mot
    Que la vie abandonne
    Soit dans un soubresaut:
    «Patronne»

    En attendant, je compte vos crimes et vos bassesses
    Tous vos pieux mensonges et vos histoires de fesses
    J'encourage le vice, je provoque des guerres
    Je dirige le monde et Dieu me laisse faire!

    Parce que Dieu se fout bien de vos petits tourments
    Avec ses anges blancs dans son blanc firmament
    Dieu est tellement belle, c'est une femme généreuse!
    Mais ne vous y fiez pas, ça n'est qu'une allumeuse!

    Sur mon lit calciné
    Lascive et si cruelle
    Pour fêter vos péchés
    Je réponds à l'appel!

    Et pour me faire venir
    D'une voix qui frissonne
    Il suffit de redire:
    «Patronne»"

     

    Résultat de recherche d'images pour "féminisme"

    IMG_1845.JPGM&M

  • Blessures anodines

    Imprimer

    Ce texte n'est pas autobiographique mais inspiré de cette période aux mélanges contrastés de douce mélancolie due aux amours mortes et d'effervescence amoureuse des couples enlacés. Aimez, aimez, aimez encore à en être dégoûté un jour, mais n'oubliez pas de vous aimer aussi. ;-) "Vous m'avez laissé des blessures au cœur. Elles n'ont pas été fatales, je vous rassure. Je respire encore et aussi souvent, je suis vivante. Ce pauvre organe égratigné s'en souviendra longtemps. Au début avec un pincement violent significatif qui rappelle cette douleur aiguë et lancinante telle une lame qui vous transperce doucement de part en part, et semble sans fin pour céder bien plus tard la place à une espèce de souvenir impalpable, une nébuleuse réminiscence. On sait qu'on a eu mal, on a même cru en mourir. Et puis non, elle s'estompe, s'embourgeoise, s'installe discrètement au plus profond de votre thorax. Elle s'endort, se fait oublier. Le temps qu'elle décidera de se taire va dépendre d'un musée visité, d'une odeur familière croisée, d'une rue traversée, ou de quelques notes de musique perdues en sourdine chez votre dentiste, d'un parfum qui vous rappelle sa peau. Cette petite blessure anodine qui vous rend plus fragile mais plus belle encore. Plus vraie car plus sensible. Même si vous vous barricadez derrière les murs les plus épais, montez au sommet des tours les plus hautes, descendez dans les tréfonds des abysses les plus obscures, ce cœur encore malmené aux cicatrices les plus profondes vous rappelle qu'il est malgré tout bon d'aimer. Ces hématomes amoureux nous enseignent la dangerosité d'aimer mais aussi son éternel et savoureux délice de se frotter à un autre cœur. On ne peut dire si on cherche à étouffer son souffle fétide qui nous blesse à nouveau, nous emmène vers des souvenirs de larmes ou si on veut la faire taire car telle une sirène, cette petite plaie pas encore cicatrisée vient nous chanter ce que nous essayons d'oublier, cette musique avec ses couplets familiers de romance et son refrain envoûtant. Et oui, je ne peux faire la liste des choses de toi qui vont me manquer, de ton parfum sur ma veste, au grain de ta peau sous mes doigts, à tes yeux qui se posaient sur moi. Mais malgré le goût du sang encore en bouche, le cœur encore endolori, l'esprit tourmenté... je sais, je sais que je vais encore aimer." ML

  • Au nom de quoi déjà?

    Imprimer

    Des milliers de catholiques manifestent à Paris pour la sauvegarde du mariage exclusivement entre un homme et une femme. Ou un truc comme cela, ils ne sont pas d'accord entre eux.

    Ce doux sacrement symbolique que l'Eglise aura vite fait de proposer aux couples homos dès la loi votée afin de faire rentrer un peu de pépites dans l'escarcelle ecclésiastique. L'hypocrisie est comme l'argent, elle n'a pas d'odeur! Et de plus, l'encens camouflera une éventuelle odeur de souffre. Ces petits batraciens de bénitiers  affublés de leur pancarte aux slogans homophobes m'écoeurent, ils se prétendent les gardiens de la filiation naturelle, d'un symbole ancestral.

    Qu'on se le dise, eux, ils savent déjà, l'ordre moral mondial est menacé!!!! Il faut après le soldat Ryan, sauver cet enfant qui subit ces couples pervertis, dépravés, ce pauvre hère mineure qui doit certainement passer toutes ses soirées en boîte de nuit sur un son techno aux lumières psychés couché sur une banquette en attendant que ses 2 papas finissent de sodomiser le tonton ( qui est l'époux de la tantine qui a enfin fait son coming out après 3 gosses faits à son horrible mégère mais ça c'est une autre histoire)...Non? C'est pas ainsi les soirées quand on a deux papas ou deux mamans? 

    Et je regarde ces images pathétiques  et loufoques de tous ces personnages défilant en costume d'époque, pour Madame, jupe bleu marine, petit chemisier au col Claudine protégé par un manteau en loden tyrolien dans la même teinte foncée pour respecter l'harmonie des couleurs et pour Monsieur, le parfait complet velours côtelé  verdâtre ( qu'il sort le dimanche de messe qd la chasse est fermée) accompagnés de leurs petits bien coiffés aux déguisements assortis aux parents bien évidemment. Ils sont tous si certains, convaincus d'être le seul modèle pouvant sauver leur Belle France.  Tant d'énergie déployée au profit de quoi? de qui?

    Je me réjouis en ce dimanche de 21ème  siècle d'être sur ce territoire belge, non républicain, à regarder mise au point traitant d'une femme chapeautée aux allures Bettencourtoises et au fort accent hispanique à qui on va retirer son argent de poche et me remémore les beaux couples homos qui l'entourent et qui chérissent leur petit.

    Des petits sans loden qui iront certainement militer avec leurs parents en faveur d'un monde plus serein, plus égalitaire aux libertés qui profitent à tous où l'épanouissement personnel naîtra d'une réflexion sur ce que le monde peut nous apporter, où tous les chemins seront tolérés, où l'amour n'aura plus de genre. Des petits qu'on retrouve lors de journées intermondialistes, aux petits déj' du commerce équitable... Ce petit bonhomme ou cette petite fille qui pourra même amener à la maison un copain de l'autre sexe et pourra même coucher avec lui et même l'aimer et même l'épouser. Waouw!

    Oui, n'en déplaise à certains, les PD ne font pas des gosses PD. Et j'ajouterai ceci, des familles "Loden bleu marine" engendrent parfois, en moyenne 2 enfants sur 10, un enfant homosexuel. Aaaargh... On ne leur avait pas dit cela, sinon Mr et Mme Loden auraient pratiquer l'abstinence 1 fois sur 5!

    En y réfléchissant un peu, honnêtement, lesquels de ces enfants ont le plus de chance selon vous?

  • L’argent souverain doit revenir au peuple!

    Imprimer

    Communiqué de presse du Centre d’Action Laïque


    L’argent souverain doit revenir au peuple !


    La presse nous apprend, ce 9 janvier 2013, que la reine Fabiola a créé une fondation intitulée « Fons Pereos » destinée à administrer ses biens lors de sa succession. Les objectifs annoncés par cette fondation, ainsi que son existence même, posent question aux citoyens que nous sommes.

    Sur deux questions de principe, d’abord.

    En premier lieu, les biens de la famille royale proviennent essentiellement des dotations que leur octroie l’Etat. C’est donc, au départ, de l’argent public qui lui est alloué, au titre de la fonction de chef de l’Etat que remplit le roi. Un éventuel « trop-perçu » ou un solde positif au décès du souverain devrait donc, en toute logique, revenir à l’Etat, c’est-à-dire au peuple belge. Et a fortiori s’il s’agit de la succession d’un membre non régnant de ladite famille. Il existe un précédent : la Fondation Astrida, créée par le roi Baudouin un an avant sa mort, répond aux mêmes objectifs que le Fons Pereos. Astrida avait été est reconnue d'utilité publique par la Justice. Mais Le Soir a révélé, l’an dernier, que 60% des dépenses de cette « fondation publique » servaient à financer les voyages des neveux du couple royal.

    Ensuite, il est patent que les fondations Astrida et Fons Pereos sont constituées dans le but, notamment, d’éluder les droits de succession. Dans le cas de Fabiola, selon Sud-Presse, en l’absence d’héritiers directs, ceux-ci s’élèveraient, pour un citoyen lambda, à quelque 70%, sur une somme qui devrait avoisiner les 50 millions d’euros. La constitution d’une fondation permet, selon les termes choisis de la presse, « d’éviter cet écueil ». En réalité, il s’agit exactement de la même astuce qu’a utilisée le milliardaire français Bernard Arnault en s’installant en Belgique, afin de bénéficier, au travers de ses fondations familiales, d’un système grâce auquel échapper aux droits de succession et au fisc français. On sait le tollé que cette affaire a suscité chez nos voisins du sud – et il ne s’agissait même pas, en l’occurrence, d’argent public.

    Au-delà des principes, et sans négliger ceux-ci, on doit s’interroger sur les objectifs de cette fondation. Ils sont au nombre de quatre :

    Le premier est qualifié de « philanthropique » : aider les membres de sa famille. On ignorait que les membres de la multimillionnaire famille royale et de sa branche espagnole de Mora y Aragón fussent dans le besoin. Les quelque 17% de Belges vivant sous le seuil de la pauvreté apprécieront sans nul doute ce geste généreux de celle qui fut « leur » reine.

    Le second, qualifié d’historique et culturel, est censé promouvoir les œuvres et la mémoire du couple royal. On attendra d’en savoir davantage sur le contenu exact de ces œuvres pour émettre un avis.

    Un troisième objectif du Fons Pereos est de venir en aide à la Fondation Astrida, dont on a lu ci-dessus qu’elle répond aux mêmes objectifs que le Fons Pereos, et vise donc notamment à éluder l’impôt.

    Enfin, le 4e objectif est particulièrement interpellant pour le Centre d’Action Laïque, puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, que  « d’encourager des institutions catholiques ». Il nous paraît complètement hors de propos, indéfendable et indécent que l’argent public reçu pendant plus d’un demi-siècle par la reine Fabiola aille grossir l’escarcelle de l’Eglise catholique.

    Le CAL demande instamment aux autorités démocratiques de ce pays d’intervenir, si nécessaire en légiférant dans l’urgence, pour s’assurer que dans cette période de grave crise budgétaire où le peuple souverain est prié de se serrer la ceinture, l’argent qu’il a attribué à ses régnants pour garantir la pérennité de la Nation lui revienne de droit et vienne aider l’Etat à remplir ses obligations à l’égard des citoyens.

     

     

    Yves Kengen

    Attaché de Presse

    Directeur des publications

    Rédacteur en Chef Espace de Libertés

    Centre d’Action Laïque ASBL

    Tél: +322 627 68 14

    Mobile: +32 475 451 517

    Description : cid:image001.jpg@01CCD439.ABD9E4F0   

  • Drame économique et social...Nord et Sud, même combat?

    Imprimer

    Pensées émues et solidaires pour tous ces travailleurs en mal de travail.

    Merci Ford, merci Mittal! Ecoeurant! Consternant!

    Petite phrase de Maxime Gorki, tristement d'actualité,

    "la culture nouvelle commence là où le travailleur et le travail sont traités avec respect!"

    Ford Genk, Belgique

    Mittal, Arcelor